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3_ Eventails

Les éventails, probablement utilisés au Japon depuis les temps les plus reculés, et certainement depuis l'introduction du bouddhisme, devinrent rapidement un article de telle nécessité qu'ils furent bientôt typiques, tout au moins pour les occidentaux, de la civilisation 

japonaise. Leur usage est répandu dans toutes les classes de la société, depuis le shibu-uchiwa qui sert a attiser les braises de la cuisine (et symbolique du kami de la pauvreté, bimbo-gami) jusqu'au gumpai uchiwa de métal utilisé par les chef de guerres pour diriger leurs troupes. Prêtres shinto, religieux bouddhistes, acteurs de No, musiciens, arbitres de sumo, il n'est pas une catégorie de personnes qui ne les utilisent pas quotidiennement. On distingue deux sortes d'éventails : ceux qui ne sont pas pliants, appelés uchiwa, et les pliants, appelés ogi.ogi2.jpg                                                                                        uchiwa.jpg

 Les plus anciens uchiwa étaient en bois et décorés parfois de peintures. Puis on les fabriqua en cuir laqué et enfin en papier tendu sur de fines lamelles de bambou qui, réunies à leur bases, formaient le manche. Ils affectaient de formes diverses, carrées, arrondies, rondes, etc. Leur formes se prêtant a la décoration, ils furent souvent utilisés comme support par les peintres, ainsi que par les calligraphes, surtout pendant la période Heian.

Les ogi, d'abord utilisés par les hommes, furent à l'origine constitués par des plaquettes de bois reliés entre elles. Ils allégèrent par la suite et furent alors réalisés en papier ou tissus collé sur de fines lamelles de bois ou d'ivoire. Certains éventails étaient si beaux qu'on imagina de les décoller pour en décorer les paravents. La forme de ces ogi inspira également les peintres qui réalisèrent des tableaux imitant leur forme. Ils servirent également de supports, tout comme les uchiwa, a la calligraphie de poèmes ou de sutra bouddhiques. D'autres inspirèrent aux aristocrates oisifs des jeux comme le tosenkyo ou encore l'ôgi nagashi.

A partir de l'époque d'Edo, les éventails furent souvent utilisés à des fins publicitaires. Encore de nos jours, restaurants et boutiques offrent des éventails, uchiwa ou ogi, marqués de leur nom et adresse. Des temples se sont fait une spécialité de vendre à leurs dévots des charmes (mamori) en forme d'éventail. comme les hosen gravés de caractères sanskrits du Tôshôdai-ji de Nara, par exemple.

En 1701, la vogue des éventails décorés atteignit un tel point,  certains valant des fortunes, que le shogunat promulgua un édit pour interdire la fabrication et l'usage des éventails trop coûteux.

 

I gumpai uchiwa

Éventail non pliant en métal, cuir ou bois, décoré d'un côté avec l'image du soleil et au revers de celle de la lune. Il était utilisé au cours des batailles par les chefs de guerre pour indiquer à leur troupes les mouvements effectués ou pour transmettre des ordres. Il est encore utilisé par les arbitres de sumo.

 

II gunsen

éventail de guerre (gun = guerre), semblable à un hi ogi, dont les lames étaient en fer et qui pouvaient, à l'occasion, servir d'arme. Sa décoration et son usage étaient similaires a ceux du gumpai uchiwa.

 

III ogi

éventail pliant. Il en existe au Japon différentes sortes : 

  • hi ogi, fait de plaques de bois attachées avec des fils de soie et parfois décoré de peinture ;
  • shojosen (ou sensu), le type actuel d'éventail, divisé en deux sortes : avec des nervures plates (kawa nori) et avec des nervures très fines (suehiro, chukei, chu-ukei, bombori). (les nervures d'éventails c'est le nom que l'on donne aux plis servant plier l'éventail)

Une variété de ceux ci, appelé kame-ogi, utilisés par les femmes, comporte 39 nervures. Ces éventails, probablement d'invention japonaises, commencèrent a être utilisés au VIIe siècle, concourant avec les éventails plats importés de Chine en passant par la Corée. Les ogi en papier ou en soie ont des nervures en bambou ou parfois en ivoire. Certains, de grandes dimensions, comme les umajirushi, étaient utilisés par les Tokugawa en guise de drapeau, et étaient placés au sommet de grandes perches. Dans la cérémonie du thé, on utilise un éventail décoré appelé rikyu ogi. Les mai ogi sont utilisés dans les danses populaires, alors que les chukei, très brillamment décorés, le sont par les acteurs de . Les éventails pliants européens furent importés du Japon au Portugal et en Espagne à partir du XVIe siècle.

  • ogi awase : Dans l'ancien Japon, à la cour, concours de poésies calligraphiées sur des éventails.
  • ogi daruki : En architecture traditionnelle, chevrons des angles droits disposés en éventail, surtout dans les styles kara yo et tenjiku yo
  • ogi nagashi : Jeu aristocratique pratiqué par les nobles à l'époque Heian, consistant à jeter des ogi dans l'eau d'une rivière et à composer des poèmes sur les sensations éprouvées ainsi par ceux qui les avaient jetés.

 

 IV bombori

sorte de lanterne portative, de petite dimension, de forme ronde ou ovale, parfois montée sur un piédestal, en usage a l'époque d'Edo. C'est aussi le nom donné a un éventail pliant à demi ouvert.

 

V uchiwa

éventail non pliant, de forme variable, rond, ovale, carré, fait de papier ou de soie collés sur de fines lamelles de bambou attenant au manche. La plupart des uchiwa portent des poèmes écrits ou peints et servent maintenant d'objet de décoration. Ils étaient autrefois utilisés pour présenter de manière polie un objet ou une lettre à un haut personnage. Mais c'étaient le plus souvent les femmes qui les utilisaient. On s'en servait également pour attiser les braises.

  • shibu uchiwa : éventail plat, de la catégorie des uchiwa, utilisé pour attiser le feu des foyers, devenu le symbole de la pauvreté et du kami des pauvres gens.


12/11/2014
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