club manga !

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l'évolution du personnage de manga, du XVIIIe à nos jours

(NOTE AVANT LECTURE) : tout d'abord merci de lire cet article, j'espère qu'il vous plaira, à la suite de la présentation de ce dossier  dans le cadre de mon épreuve de bac de TPE, j'ai décidé de désormis le mettre en ligne sur mon blog ^^. Cependant un problème se pose : il n'y a pas d'image. Tout simplement parce qu'il y en a trop et que le disque dur de mon blog étant en version gratuite, il ne peu pas les contenir. Je m'excuse de ce désagrément mais j'espère que ça ne gâchera pas trop la lecture >< sur ce bonne lecture !!!

Introduction

 

            L'estampe japonaise est, d'un commun accord entre les spécialistes tels que Brigitte Koyama-Richard, spécialiste de la culture japonaise, ou Jean Marie Bouissou, historien et spécialiste du Japon contemporain, décrite comme l'ancêtre de la bande dessinée japonaise, cela non sans raison. En effet, ces rouleaux, d'abord d'origine chinoise puis importés au Japon, illustraient des scènes religieuses ou littéraires ou bien encore évoquaient le monde des yokai, monstres japonais. Ce sont les prémices de la narration illustrée puisqu'ils contaient une histoire au travers d'une immense illustration se déroulant sur plusieurs mètres. Les personnages des estampes seront repris dans de nombreuses œuvres de la bande dessinée japonaise, particulièrement celles abordant le thème du folklore traditionnel japonais. Nous pouvons le voir par exemple dans certaines d'entre elles comme ci-dessus (La procession nocturne des cents démons, anonyme, 1603-1868). Et cela n'est qu'un exemple parmi tant d'autres car on compte à ce jour environ six cents rouleaux pouvant être décrits ainsi et ayant inspiré de nombreux auteurs de manga. Cet art japonais a subi des influences venues du monde entier, aussi bien de la Chine que du monde occidental. Le manga, signifiant littéralement « esquisse rapide », est un terme apparu en 1814 avec l'auteur Hokusai dans son œuvre La Manga, mais il ne faut pas assimiler le peintre Hokusai aux origines du manga ! En effet car si Hokusai est à l'origine de son appellation, il n'est en rien le premier mangaka et c'est une erreur de croire cela. Comment le personnage de manga a-t-il évolué au cours de l'Histoire ? Afin de répondre à cette problématique nous verrons dans un premier temps quelles sont les caractéristiques du personnage, puis son évolution graphique et psychologique, et enfin son influence progressive dans le monde au point de finalement être créé en dehors des frontières japonaises.

I.            Les caractéristiques du personnage de manga

 

1)  Particularités graphiques

            Le manga n’est pas perçu comme un art noble, et pourtant il descend de l’e-makimono, peinture japonaise destinée aux nobles. Ce style de peinture a légué au manga une technique de narration graphique capable de se passer du texte pour conter une histoire à l’aide de symboles visuels remplaçant les mots afin de signifier les changements de temps, de lieu ou d’état d’esprit. Les estampes ont donc joué un rôle capital dans ce style de dessin si simplifié, car c'est à cause des limitations techniques de la gravure sur bois et de cette production de masse à laquelle étaient contraints les peintres que l’anatomie des personnages se retrouvaient simplifiés et donc peu réalistes.

            Ainsi les émotions étaient retracées à travers le regard, les mimiques et les expressions du personnage représenté, et ceci fut gardé pour les illustrations modernes, muées en bandes dessinées communément appelées manga.

            Le visage, plus gros que le corps, représente toujours le personnage, qu’il soit héros ou anti-protagoniste, avec un physique mis en valeur, le plus souvent par sa beauté, mais parfois aussi par sa laideur. Il était dans tous les cas soit dans un extrême soit dans l'autre : le héros est beau, comme par exemple Kamui Shiro, héros de la série X-1999 de CLAMP, à la beauté sans égale.

 

a) les yeux, surnommés "miroir de l'âme"

 

            Ce furent les dessins du studio Walt Disney qui sont à l'origine de ces yeux immenses que l'on critique tant. Ce fut par ailleurs le grand pionnier du manga, Osamu Tezuka : trouvant attachant ces personnages mis en scène avec des yeux disproportionnés, laissant ainsi refléter toutes leurs émotions à travers ce regard (d'où leur surnom de « miroir de l'âme »), il s'en inspira et influença de cette façon le style graphique des prochaines générations de mangaka. D'autres, comme P.Brophy dans son étude Ocular Excess : A Semiotic Morphology of Cartoon Eyes, s'accordent à dire qu'il s'agit « du regard écarquillé avec lequel le nouveau né fixe les yeux des autres ». Ainsi cette iconographie chercherait à retranscrire le biomorphe enfantin. Cependant il ne faut pas confondre une simple copie admiratrice de Disney avec une recherche de l'expressivité oculaire la plus démonstrative possible avec une « simplicité précise » de la part d'Osamu Tezuka ainsi que de ses descendants.

            De cette façon, le protagoniste, à travers son regard, peut laisser transparaître sa personnalité, son état d'esprit, ses pensées et son ressenti devant une situation :

Ses yeux se cloront pour signifier le rire, ou deviendront perçants sous la colère, ils s'agrandiront d'étonnement, ils se plisseront de tristesse ou poseront des yeux pleins d’éclats pour signifier leur tendresse ; s'il est naïf, le personnage aura des yeux agrandis, s'il est froid et sérieux il aura le regard perçants, parfois avec un air toujours coléreux. L'héroïne aura, quel que soit son âge, de grands yeux brillants, selon sa personnalité ils auront un éclat d'inquiétude perpétuel lorsqu'elle est timide, ou bien les sourcils froncés lorsqu'elle possède un fort caractère.

            Un anti-protagoniste aura tendance à avoir, particulièrement dans les mangas pour jeunes garçons, des yeux étirés et rieurs de malice et/ou de sadisme.

 

b) visage et expressions

 

            L’estampe n’est pas le seul art à être une source d’inspiration pour le manga : ce qui a pu choquer en Occident, et qui pourtant se retrouve dans le jeu des acteurs kabuki, est l’exagération des expressions. En effet, si dans les mangas, on peut trouver choquant le fait que le personnage puisse avoir une bouche presque plus large que son visage ou encore une fontaine de larmes pour signifier son hilarité ou sa tristesse, le kabuki utilisait déjà auparavant ces codes : roulement des yeux, mimiques et postures exagérées.

            Habituellement, le visage du personnage de manga est fin avec un menton pointu. Cependant cette caractéristique morphologique dépend surtout de l’âge et de la force physique du personnage. Le héros excessivement musclé aura plutôt tendance à avoir un visage rugueux et un menton large, c’est le cas de Sangoku de Dragon Ball Z, dans le cas d’un adolescent, le visage sera décrit comme précédemment, enfin lorsque le personnage est un enfant, le dessinateur utilise une technique de dessin appelée « chibi » (« petit » en japonais), cela consiste à accentuer la disproportion au point que la tête face la taille du corps ou que les yeux prennent la moitié de la tête.

 

2)  Particularités psychologique, la personnalité en fonction du genre

            La psychologie du personnage est spécifique selon le genre de l'œuvre, qui peut se diviser en quatre grandes catégories qui se divisent elles-mêmes en sous genres :

 

Dans les mangas pour garçons, appelés shonen :

 

            Le héros est un garçon approximativement de l'âge du lecteur, ce dernier peut donc s'identifier à lui. Selon le sous genre du shonen, le héros peut être de prime abord banal, ou bien combatif, ou encore stupide et axé sur les filles.

            Ce héros est ensuite amené à évoluer au cours de l'histoire, il s'affirme, devient plus fort et mature pour au final, généralement, finir sur une note positive de la vie comme par exemple dans Yuyu Hakusho de Yoshihiro Togashi où le héros Yusuke Urameshi est au début de l'intrigue un lycéen, ayant cela dit une grande renommée chez les délinquants de sa ville, mais qui deviendra au final un justicier reconnu dans le monde des démons et qui aura gagné en maturité et force, l'intrigue se termine sur son couple. Nous pouvons aussi le voir dans Naruto de Masashi Kishimoto, à la fin le héros fonde sa propre famille dans une ère de paix, et devient l'homme le plus respecté de son village.

 

Il existe ensuite le manga pour jeune fille, des histoires romantiques, souvent du premier amour, appelé shojo :

 

            L'héroïne est une jeune fille, habituellement une lycéenne, éprise du garçon le plus populaire de l'établissement de par ses multiples talents athlétiques et de sa grande beauté.

            L'héroïne ne subit aucun changement durant le déroulement de l'intrigue, qui consiste à faire tomber le garçon sous le charme de la jeune fille. Cette dernière se doit de repousser les avances des autres garçons, voire d’hésiter entre plusieurs garçons, ainsi que de repousser ses rivales (le concept du triangle amoureux est presque toujours repris). Ce type de lecture s'apparente aux romans à l'eau de rose de l'édition arlequin, où l'archétype de la lycéenne japonaise parfaite est défini afin de poser les normes que souhaite la société pour les filles dès le plus jeune âge, la lectrice doit donc s’identifier à un personnage timide, dépendant d’une protection masculine et possédant plus de qualités manuelles qu’intellectuelles.

Ces deux catégories sont les plus répandues, cependant elles ne s'adressent qu'à un public peu mature, tandis que les deux autres grandes catégories sont destinées à un public plus âgé. Naturellement, la personnalité du personnage est donc influencée et est alors plus travaillée afin de répondre aux attentes du lectorat, plus exigeant :

 

Dans la continuité du shonen, le seinen est le manga destiné aux jeunes hommes :

 

            Le personnage est un adulte, vivant à une époque spécifique comme dans le cas de Kevin, héros de la série Billy Bat de Naoki Urasawa, vivant durant la guerre froide. La géographie est aussi prise en compte et détermine le thème choisi par l'auteur comme par exemple les protagonistes de Green Blood de Masasumi Kakizaki, qui vivent durant la dure époque du XIXe au five point de New York.

            D'autres ne possèdent pas de réelle position géographique comme le professeur Tenma de Monster, amené à voyager dans le monde entier dans le but de retrouver le personnage au surnom éponyme de l'œuvre.

            La personnalité du héros est, dans le seinen, difficilement définissable, car le seinen est, contrairement au shonen qui s'apparente à un divertissement, un moyen d'expression artistique ou historique où l'auteur, en construisant son univers, tente de rapprocher son héros de la réalité ou au contraire de l'en détacher.

 

Enfin, le manga pour jeunes femmes appelé josei :

 

            Il met en scène la vie d'une femme mature, qui a des attentes qui sont, bien entendu, plus matures que celles d'une lycéenne pour ce qui concerne l'amour.

            Cependant l'amour y est secondaire dans ces récits : l'histoire ne se concentre pas sur une histoire d'amour mais plutôt sur l'histoire d'une femme, avec son travail, ses amis, ses problèmes et ses possibles fréquentations. L'univers dans lequel évolue l''héroïne n'est pas aussi facile que celui de l'héroïne de shojo et les thèmes abordés sont variés et sérieux.

 

            Les deux héroïnes éponymes de Nana de Ai Yazawa sont, par exemple, deux jeunes femmes amies et vivant dans le même appartement, qui ont chacune un rêve à réaliser et des problèmes à régler.

 

            Chacune de ces catégories comportent d'autres sous genres qui définissent chacun un héros ou une héroïne en fonction du genre. Le héros apporte une morale ou un divertissement, parfois les deux, dans tout les cas le genre de l’œuvre définit toujours sa personnalité.

 

3)  Rôle dans l'intrigue d'un manga

            Dans le manga, le personnage principal est celui qui résoudra une énigme, sauvera le monde, ou tout simplement abordera le thème de l’œuvre à travers ses actes. Influencé par son environnement et son passé, la psychologie du personnage, qu'il soit principal ou secondaire, est jugée presque plus importante que l'intrigue en elle même, car ce sont ceux qui la compose qui la fait se dérouler, en opposition avec la bande dessinée française où le thème est au contraire plus important que le personnage en lui-même, par exemple dans Mermaid Project de Leo Jamar Simon : peu de temps sont consacrés à l'héroïne, qui apparaît autant que les personnages secondaires, l’œuvre préfère reposer sur les événements plutôt que sur les actions.

 

a)   centralisation de l'intrigue sur l'évolution du personnage principal

 

            A travers les actes du héros, nous pouvons discerner le thème de l’œuvre, ainsi Vagabond de Takehiko Inoue traite de la fierté du samouraï à travers son personnage imbu et sauvage Musashi, ne rêvant que de devenir le plus grand sabreur du Japon. L'intrigue est basée sur son évolution, ce qu'il doit faire ou ne pas faire, quelles embûches il devra surmonter et surtout quelles personnes il devra rencontrer, ces personnes, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, contribueront à son évolution et ont donc une place très importante dans le manga.

 

b)   importance des personnages secondaires

 

            Les personnages secondaires, ayant une contribution dans l’évolution du héros, doivent eux aussi être travaillés. Une série est d’autant plus appréciée lorsque le héros n’est pas le seul personnage ayant une psychologie approfondie : c’est le cas de D.Gray Man de Katsura Hoshino, avec ses nombreux personnages possédant chacun un passé déterminant leur personnalité et les rendant ainsi attachants, cela se démontre aussi dans L’Attaque des titans, où tout le charme de l’œuvre repose sur celui de ses personnages secondaires. Chacun jouent un rôle déterminant leur caractère :

 

Le meilleur ami : très récurent dans le manga pour jeunes garçons, le meilleur ami est, selon l’œuvre, soit voué à rejoindre le camp ennemis, soit à soutenir le héros jusqu’à ce qu’il succombe à un ennemi. Le premier cas s’observe par exemple dans Naruto avec Sasuke, ayant trahis son ami au profit d’une organisation lui promettant une plus grande puissance. Dans le second cas, nous avons Hideyoshi de Tokyo Ghoul qui, ne possédant pas les pouvoirs et la force de son ami, finira par se faire tuer.

 

Le rival : parfois, comme dans le cas de Naruto, le rival joue aussi le rôle de meilleur ami, il est du moins celui qui défiera le héros tout au long de son périple et l’obligera à progresser pour ne pas se faire battre par ce personnage. Cependant dans le cas du shojo, le rival est simplement un personnage amoureux du personnage au sexe opposé dans le couple et tentant par conséquent de briser ce dernier.

 

L’anti-protagoniste : même si le rival est déjà un personnage amenant le héros à se battre, l’anti protagoniste est, de son côté, le personnage qui se veux le contraire du héros dans ses actes, ses paroles et sa façon de penser. Il possède un but pour lequel le héros tentera de l’en empêcher. Selon la qualité de l’œuvre, l’auteur peux décider de rendre ce personnage ambigu pour laisser le lecteur adhérer en partie à ce but.

 

L’amoureuse : dans les shonen, l’amoureuse est la jeune fille que le héros doit protéger, et avec qui il finira en couple à la fin de l’histoire. Il arrive cependant que cette amoureuse connaisse des rivales comme dans Kenshin le vagabond où Kaoru et Megumi se battent pour le cœur d’un vagabond.

 

Le/la/les compagnons : durant son périple, le héros est amené à rencontrer des personnages qui choisiront de le suivre et de se battre à ses côtés comme dans Inuyasha, au départ deux, Inuyasha et Kagome rencontreront progressivement leurs compagnons de voyage et amis.

Cependant le mangaka ne se fixe pas sur ces archétypes, il se contente de s’en inspirer, la personnalité de ses personnages n’est pas définie selon leur rôle mais selon leur passé.

II Son évolution à travers l'histoire

 

1)  Rakuten Kitazawa, premier mangaka

            Kitazawa Rakuten (1876 - 1955) est le premier à employer le terme de « manga » pour désigner ses œuvres caricaturales. 

 

a) Des œuvres au départ caricaturales : journaliste novateur

 

            Au départ formé à la peinture traditionnelle, sa rencontre avec l’illustrateur australien Franck Nankivell fut déterminante pour sa carrière, ce dernier était le dessinateur en chef du magazine Box of Curious dans lequel travaillait Rakuten en tant qu’illustrateur. Ce fut ainsi qu'il apprit à faire des illustrations caricaturales à la façon occidentale et se tourna ensuite vers la bande dessinée.

            Cependant, jusqu'en 1902, ces œuvres ne sont pas des bandes dessinées en tant que telles, le terme "manga", qui signifie "dessin au fil de la pensée" est à ce moment employé au sens strict du terme et non pour désigner la bande dessinée japonaise. Ce sont des caricatures du gouvernement, représentés de façons dérisoire et mis en scène d'une manière originale mais ne les mettant évidemment pas en valeur.

 

b) Le premier manga considéré comme tel : L'arroseur arrosé

 

            Kitazawa Rakuten s'inspira énormément des caricaturistes européens et adapta même en 1902 le thème de l'arroseur arrosé, Tagosaku  to mokube no Tokyo kenbutusu, qui est considéré comme la première bande dessinée japonaise.

            Ce que l'on peut observer dans cette œuvre, c'est que le personnage y est peu présent, laissant la première place à l'objet de toutes leurs attentions : l'arroseur.

 

c) le premier manga utilisant des phylactères : Les aventures de Shochan

 

            Enfin, le manga que nous connaissons aujourd'hui naquît en 1923 avec le premier manga à utiliser des phylactères grâce à l'influence de l'occident sur l'auteur : Les aventures de Shochan, histoire relatant les aventures d'un journaliste et de son écureuil.

            Ce jeune héros inspiré des Aventures de Tintin d'Hergé voyage aux quatre coins du monde pour son journal Akira, monde cependant peu réaliste, peuplé de monstres et de lieux incroyables.

Malheureusement cette bande dessinée est de nos jours introuvable.

 

2)  Osamu Tezuka, pionnier du manga moderne

            Osamu Tezuka (1928 – 1989) est considéré comme un repère à lui tout seul dans l'histoire du manga. En effet, il est le fondateur du manga moderne, et ainsi surnommé « le dieu du manga » ou « le père du manga et du dessin animé ». Son influence et sa renommée mondiale traverse les époques et influe aujourd'hui encore sur les jeunes générations de mangaka en herbe. Ses œuvres sont toutes sans exception qualifiées de chefs-d’œuvre : il est bel et bien celui qui amena à l'apogée du manga, en révolutionnant le domaine et marquant les mémoires à tout jamais.

 

a)  Le premier manga moderne : La Nouvelle Île au trésor

 

            A la fin de la guerre, Osamu, qui est alors étudiant en médecine, se lance dès lors dans le manga. Son rêve était particulièrement de se lancer dans le dessin animé, mais le Japon, ruiné par la guerre, ne put lui offrir le soutien escompté, ce génie décida alors de transcrire le mouvement propre à la cinématique sur le papier. Il publie donc à 19 ans son premier manga qui lui valut immédiatement le succès : La Nouvelle Île au trésor, une libre adaptation du roman de Stevenson. C'est ce manga qui marqua le début de la nouvelle génération par sa façon particulière de développer le récit et les images pour donner une impression de vitesse et de suite fluide comme un dessin animé (mettre l'image du bouquin). Cette révolution de la scénarisation et de la mise en page lui valut le nom de « story-manga » et qui amena ensuite au « mangashi », un magazine de prépublication créé par les éditeurs.

            Dans ce manga, le héros est un jeune garçon nommé Pete partant à l'aventure avec son ami le Capitaine, il est accompagné d'un petit chien qu'il a rencontré dans les premières pages du récit. Ayant hérité de son défunt père une carte au trésor, Pete et ses compagnons se rendent sur l'île convoitée, peuplée de cannibales, de pirates et, non sans étonnement, de Tarzan (appelé Baron pour éviter la censure). Cependant malgré le sujet simpliste, voire extravagant de l’œuvre, le héros reçoit à la fin du récit une leçon de morale indirectement donnée au jeune lecteur. La naïveté enfantine et rêveuse de Pete, propre au personnage typique de l'auteur, le fera s’écrouler sur une dure réalité qui est qu’à chaque belle aventure vécue, une fin inévitable se prépare, et cette fin est le retour à la vie réelle.

 

b) redéfinit le personnage de manga du shonen et du shojo

 

            Après ce premier succès, Tezuka ne s'arrêta bien évidemment pas là et bouleversera encore le manga pour jeunes garçons avec ses héros emprunts d'une naïveté enfantine, mais amenés à évoluer dans un milieu dur et cruel comme par exemple Le Roi Léo (1950) où nous suivrons l'aventure du fils du roi Léo, amené à perdre sa mère, son père, et beaucoup de ses amis à cause d'une maladie causée par la cupidité et la pollution de l'homme ; ou encore Astro Boy (1952), où un robot doté d'un cœur se retrouve confronté à la cruauté sans égale de l'homme avide de pouvoir et méprisant envers ses propres créations, même si elles sont vivantes et capable d'autant voire de plus d'humanité que lui.

            Il posera ensuite les bases du manga shojo (pour jeunes filles) avec la série Princesse Saphir (1953), considéré comme le premier manga de ce genre, mais néanmoins au récit dont l'originalité n'a pas dépeinte : une petite princesse se fait travestir en garçon par ses parents pour qu'elle puisse hériter du trône au lieu du duc Duraldine, homme vil et méchant. Ce sont les bases de l’héroïne dramatique, néanmoins son caractère de garçon manqué sera oublié dans les séries suivantes telles que Princesse Sarah, ou au contraire reprit dans le cas d’Au Pays de Candy.

 

 

3) Le héros de manga du XXIe siècle, en rupture avec celui du XXe ?

            Au fil des ans, les mœurs de la société évoluent, et avec elles les personnages de bandes dessinées, d’histoires. Si les premiers personnages de manga n’agissaient que selon leur rang social dans les bandes dessinées de Rakuten Kitazawa, ils sont de nos jours plus complexes, et répondent au lectorat qui demande une plus grande diversité dans la personnalité des héros des récits. C’est ainsi que les mangaka commencèrent dès la fin du XXe siècle, et plus particulièrement au XXIe, à développer leur propre style graphique et narratif pour leurs histoires. Certains auront pour but d’innover et de tenter de changer les habitudes, désobéir aux règles imposées par la censure, et pousser un thème à son extrémité, d’autres voudront simplement se rapprocher de la réalité et de leur société, ainsi que développer leur propre style. Ainsi le héros devient typique selon son auteur et non selon un archétype commun à tous.

a) le héros en fonction de l'auteur

 

            Le trait s'individualise et le visage se modifie au fil des ans, il devient plus proportionnel par rapport au reste du corps et n'est plus forcément allongé, fin et d'une grande beauté comme par exemple le personnage de Levi Ackerman dans L’Attaque des Titans qui n'est pas une définition même de la beauté, pourtant son succès auprès des fans est incontestable de par son grand charisme, ou encore le héros de Vagabond  de Takehiko Inoue, entre peinture et réalisme, de telle sorte que toute la dureté du personnage y est retranscrite par ses traits. Au contraire le personnage représentant la beauté presque parfaite est souvent voire toujours volontairement sans personnalité, comme par exemple Tamaki dans Host Club : le lycée de la séduction, qui est le garçon le plus beau de son lycée mais qui se révèle stupide et immature, on ne peut pas adhérer a ce style de personnage : les personnages ne possédant que des qualités physiques sont critiquées, tandis que celles ayant une personnalité très poussée et un physique plus rapproché de la réalité sont valorisés. 

De plus, les expressions  varient elles aussi selon l'auteur : Masasumi Kakizaki préfère exagérer les traits de ses antis protagonistes comme par exemple Ishihara dans Rainbow, il semble donc obéir au genre du méchant moche et stupide, ne souhaitant que le déclin du héros. Ce dernier est vertueux et droit, ayant un but qui est de protéger les êtres qui lui sont cher. La qualité de ses œuvres n’en est pas pour autant altérée malgré cette scénarisation des personnages très récurrente et traditionnelle.

            Ces expressions tentent généralement de donner le sentiment de naturel, l'exagération des sentiments n'est plus l'objectif des mangakas de nos jours, et ne survient désormais que dans des scènes spécifiques visant à provoquer un sentiment particulier chez le lecteur, par exemple dans les moments de tristesse, la scène est exagérée de telle sorte que le lecteur partage ce sentiment avec le protagoniste.

            Naoki Urasawa possède un personnage d'origine japonaise, travaillant en occident la plupart du temps, qui est reconnu par son métier comme par exemple le neuro chirurgien Tenma dans Monster ou le dessinateur de comics américains, Kevin dans Billy Bat, ses héros sont entraînés dans une enquête policière particulière mettant en danger une population entière, parfois le monde lui même dans le cas de Billy Bat ou 20th Century Boys, et qui sont amenés à changer leur façons de voir le monde s'ils veulent résoudre l'énigme.

            Enfin, le héros lui-même n'est pas forcément beau : Saitama dans One Punch Man, Eren dans L'attaque des Titans, Ichiro dans Inuyashiki ou encore Tomoko dans Watamote, autant de protagonistes principaux au physique peu, voire très peu avantageux et qui ne sont pas pour autant en reste dans leur personnalité et leur histoire.

 

 

b) Recherche pour briser les archétypes

 

            Un autre auteur définissant lui même son propre personnage malgré les archétypes déjà mis en place est Yusuke Murata, avec son personnage très peu commun Saitama de One Punch Man, héros semblant sortir tout droit des comics américains mais qui à la seule différence de rester indifférent quand au sort des populations, de ne pas avoir de véritables rivaux, et dont l'humour noir inconscient et le calme de ses attaques dévastatrices lui donne un air détaché de son propre monde, son seul but est de trouver quelqu'un capable de lui redonner le goût du combat qu'il a perdu à cause de sa puissance trop grande. Saitama donne une morale grâce à ce comportement : « être fort permet de ne plus connaître la peur, mais l'être trop peut amener à un ennui tel que l'on perd l'envie de toute chose, il y a donc du bon à être faible ».

            Evidemment, Yusuke Murata n'est pas le seul auteur à s'être détaché du stéréotype du héros fort dans son mental, audacieux, qui doit devenir fort, aimant la vie et ayant un but, ce détachement s'observe aussi dans certains manga pour jeunes filles : l'héroïne du manga Watamote de Tanigawa Nico, Tomoko, est une héroïne que probablement personne n'a eu l'idée avant lui de créer : une jeune lycéenne, mal dans sa peau, n'ayant aucun succès avec les garçons, aux yeux cernés et vides d'énergie et de motivation, seule et sans amies, restant des heures devant des jeux vidéos et essayant de se faire remarquer le moins possible dans sa classe, à peine capable de dire « bonjour » ou « au revoir » à ses camarades et professeurs. Tomoko est pourtant une lycéenne japonaise bien plus réaliste dans sa personnalité que tout les autres personnages de shojo (manga pour filles), dans le manga l'auteur décide de donner le premier rôle à un personnage à qui serait habituellement attribué le second rôle, et donne en parallèle le second rôle à de jeunes filles populaires, archétypes de l'héroïne de shojo. 

             

            Ce changement peux s'expliquer tout d'abord par l'exigence du lectorat, plus mature et avertis de nos jours, il demande des œuvres dans lesquelles il peut s'identifier, où il peut y ressentir des sensations particulière et ne veux plus de personnages banals, obéissant à une norme de la narration qui devient si répandue qu'elle en est ennuyeuse. 

III. L'influence du personnage de manga dans la culture asiatique et occidentale

 

1) La propagation en Asie

a) Une réticence devant la culture japonaise au lendemain des guerres

 

            La Seconde Guerre mondiale marqua profondément les pays d’Asie face à la puissance impérialiste japonaise. Les massacres et multiples crimes raciaux perpétrés par les armées du pays du soleil levant créèrent une réticence naturelle de la part des pays victimisés à l’égard de la culture nippone.

 

b) Un engouement de la part de la jeunesse envers la culture japonaise

 

            Ce n’est qu’à partir des années 1980 que la présence culturelle japonaise prit de l’ampleur, et ce particulièrement en 1990. Depuis une trentaine d’année désormais, on peut observer un réel engouement pour la musique, les jeux vidéos, les programmes télévisés et bien évidemment les manga. Ce phénomène social est, par exemple, nommé « Harizu » à Taiwan pour désigner les jeunes filles ayant une passion pour tout ce qui a attrait au pays du soleil levant. Pouvant signifier « groupe ou communauté béate du Japon ». Ce phénomène s’observe aussi en Corée, mais beaucoup moins en Chine, ce dernier gardant un regard extrêmement critique sur le Japon. Cet engouement s’explique par le fait que le Japon est vu comme un pays asiatique jouant un rôle d’intermédiaire entre l’Asie et l’Occident, une sorte « d’Occident en Asie » pour reprendre les mots d’Hélène Le Bail dans son article La culture japonaise en Asie.

 

c) Manhwa et manhua copient le graphisme du manga

 

            L’engouement fut tel que nous avons pu observer que les bandes dessinées des autres pays asiatiques s’inspirent désormais énormément des manga japonais.

            Le manhwa est la bande dessinée coréenne, sa propagation en Europe est moindre que celle du manga mais reste semble-t-il la seconde bande dessinée asiatique à être la plus exportée jusqu’en occident. On remarque un style graphique semblable à la bande dessinée japonaise dans tout les manhwa comme par exemple Nambul de Ya Sul Lok, le héros y est typique du celui de shonen, mais évoluant cependant dans un univers sombre et réaliste : l’auteur a ici imaginé le Japon lors d’une seconde guerre du golfe, et y dénonce le racisme impérialiste nippon envers les autres populations asiatiques, le héros, d’origine coréenne, voue une haine toute particulière au Japon dans lequel il vit, il va jusqu’à dénigrer sa belle sœur pour le seul fait qu’elle soit japonaise.

            Le manhua est la bande dessinée chinoise, où nous pouvons voir, tout comme dans le manhwa, une particularité graphique similaire à celle du manga. En exemple nous pouvons donner celui d’ ½ Prince de Yu Wo. L’héroïne y est, tout comme le héros de Nambul semblable aux héroïnes de shojo, pleines de mœurs amoureuses et de succès auprès de la gente masculine à sa grande surprise. Le manhua reprend donc les codes du manga japonais mais reste encore très discret sur le marché européen.

 

2) La propagation en Europe

            C’est en 1978, en Suisse, que le déporté japonais Motoichi « Atoss » Takemoto publie la première revue présentant des bandes dessinés japonaises en Europe : Le cri qui tue. Malheureusement, cette revue, qui pourtant contient deux maîtres de ce domaine à savoir Osamu Tezuka et Ishinomori Shotaro, n'eût aucun succès et ne sortit par conséquent que six numéros.

 

a) Les premiers mangas publiés en France

 

            C'est ensuite en 1979 que le premier manga japonais est édité en version française en France : Le vent du Nord est comme le hennissement d'un cheval noir par Ishinomori Sato, dans les éditions Kesselring. Cependant, là encore, l'album n'obtient aucun succès, et pour cause : le travail de couverture est tout sauf attirant, ne rendant pas compte du véritable contenu de l’œuvre et de plus son grand format, à l'origine pour attirer le lecteur, ne correspond pas au format d'origine qui est de poche et ne respecte donc pas le travail de l'auteur.

            Ce n'est donc pas à la fin des années 1970 que commence le manga en Europe, mais en 1990 avec la publication en couleur du manga Akira de Otomo Katsuhiro par les éditions Glénat sous un format semi-cartonné. Puis le véritable succès survient avec le toujours aussi populaire Dragon Ball  d'Akira Toriyama publié dans les années 2000 et marquant toute une génération tout en influençant une autre, posant de nouvelles bases dans le manga shonen de combats.

 

b) Le rôle des films d'animations dans la propagation

 

            Inventés en 1906 par l'américain James Stuart Blackton (1875-1941), les dessins animés entrèrent dans la culture japonaise dès 1916, lorsque la société Tenkatsu chargea Oten Shimokawa (1892-1973) de la réalisation des premières animations japonaises. Cependant, ne connaissant pas les procédés techniques propres à l'animation, le jeune caricaturiste ne projeta la toute première animation japonaise qu'en janvier 1917 ; Le Portier Imokawa Mukuzo.

            Pourtant l'âge d'or de l'animation japonaise ne débute en vérité qu'à partir de 1958, après la réalisation du premier long métrage d'animation en couleurs Le Serpent blanc, produit par Toei Doga, contant la légende chinoise d'un serpent blanc se transformant en belle princesse pour apporter la prospérité à l'homme qu'elle aime, mais qui est finalement chassée par un moine bouddhiste.

            C'est à partir de cette date que les films d'animation évoluent réellement pour finalement arriver à la première série animée en noir et blanc, qui reste aujourd'hui encore un grand classique, Astro le petit robot d'Osamu Tezuka ne finit pas d'être admiré par tous quelle que soit la génération de passionné de manga. Le héro de l'histoire est resté un personnage culte. Source d'inspiration pour les mangaka en herbe, Astro, ce robot au grand cœur, presque plus humain que n'importe quel autre humain sur cette terre, pose les bases des premiers manga de super héros robots et devient le symbole de l'industrie d'animation.

            Si La légende du serpent blanc est le premier film d’animation à traverser les frontières, il n’est pas celui qui marquera les débuts d’une passion s’étendant aujourd’hui sur plusieurs générations : c’est Goldorak, présenté pour la première fois en 1978 sur l’antenne 2, lors de la première présentation de l’émission Récré A2. Le héros, Actarus, est le prince d’une planète extra-terrestre, et se voit obligé de fuir cette dernière accompagné d’une machine nommée Goldorak à cause d’une invasion, il se réfugie sur la Terre. Le personnage d’Actarus était très apprécié des jeunes téléspectateurs, non seulement pour son graphisme peu commun, très différent des autres dessins animés américains ou européens, mais aussi pour son caractère, repris plus tard dans les autres séries pour enfants. Ce héros, sauvant la terre à chaque épisode, utilisant d’incroyables gadgets, et ne s’attachant qu’aux choses les plus authentiques tels que l’amitié et l’amour, et surtout ce côté sérieux, loin du caractère niais et commercial des dessins animés américains tels que Musclor, G.I. Joe, Transformers ou encore Tortue Ninja qui n’étaient produits que pour amener les enfants à vouloir les jouets dérivés, ces dessins animés n’avaient pas de scénario élaboré comme certains dessins animés japonais. Goldorak en fait partie, son succès fut tel qu’il lui fut même réservé la première page du journal Paris Match.

            C’est par ailleurs grâce à ce succès inattendu (il n’était pas aussi populaire au Japon) que d’autres séries nippones purent sortir dans le monde occidental, et particulièrement en France. A partir de la réussite de ce dessin animé, les chaînes et leurs émissions pour enfants commencèrent à acheter plus de séries animées japonaises, coûtant moins cher que les séries occidentales. La concurrence se concentra sur ces séries, chacune cherchant une série japonaise qui aurait plus de succès que les autres. Ainsi Youpi ! L’école est finie ! Créée en 1987 sur La Cinq marqua avec ses séries sportives comme Jeanne et Serge et Olive et Tom qui donnèrent de nouveaux adhérents aux clubs de sports. La Cinq présenta aussi Princesse Sarah, Emi Magique ou encore Vanessa et la magie des rêves. Afin de concurrencer, TF1 présenta les séries ayant un réel succès au Japon tel que Les Chevaliers du Zodiaque, Ken le survivant, Lamu et Juliette je t’aime. Mais Le Club Dorothée réussira facilement à concurrencer grâce à la diffusion dès 1988 de Dragon Ball Z.

            Ainsi, une génération entière fut touchée par les débuts du « Tsunami Manga » grâce à cet « âge d’or de la télévision ». Aujourd’hui encore, les jeunes générations trouvent la curiosité d’aller feuilleter Gen d’Hiroshima, revoir Princesse Sarah et Olive et Tom et certains mangaka s’inspirent encore de ses séries novatrices pour leur époque.

 

3) Le personnage de manga s'occidentalise

a) Un engouement de la jeunesse pour les personnages de manga : le cosplay, la copie du héros

 

            Cosplay est un mot formé avec ceux de « costume » et « play », il désigne les personnes s’amusant à se mettre, le temps d’une journée, dans la peau de leur personnage préféré, la plupart du temps de manga, mais aussi de série d’animation ou bien de jeux vidéo. Ils revêtissent les habits de ce personnage, souvent fabriqué de leurs mains, et commencent à déambuler entre les stands de la Japan Expo ou d’Animasia, évènements culturels réunissant les admirateurs du manga. Le courant du cosplay est très populaire : il allie création, passion et convivialité (le cosplayeur ne refusera pas que vous preniez une photo de lui, c’est en vérité l’un de principes du cosplay).

 b) Des mangakas européens : le personnage de manga n'est plus seulement japonais, il traverse les frontières

            Tandis que la popularité du manga au Japon semble à son apogée, le monde occidental arrive à le surpasser dans la passion portée au manga : les dessinateurs de bandes dessinée comme Zerriouh avec Chroniques d'un mangaka ou Patricia Lyfoung avec ses œuvres La Rose écarlate et Un prince à croquer s'inspirent désormais du graphisme nippon pour leurs œuvres, d'autres s'autoproclament mangaka en publiant des bandes dessinées du même format que ceux ci, monochromes et avec des personnages tout aussi dynamiques qu'un héros de manga : c’est le cas de Reno Lemaire et de son manga Dreamland, où le héros reprend les caractéristiques typique du personnage de manga shonen (pour jeunes garçons) : un jeune lycéen normal auquel peu s'identifier le lecteur, qui se retrouve dans un monde incroyable et se révèle posséder d’incroyables pouvoir.

 

Conclusion

 

            Le personnage de manga, au départ inexistant, a su au fil du temps imposer son archétype dans la culture japonaise, évoluer et séduire les enfants autant que les adultes dans le Japon tout entier, sa popularité fut telle qu’il dépassa la frontière nippone et asiatique pour arriver, non sans difficultés, en Europe. Cependant, malgré un engouement certains de la part de la majeure partie de la jeunesse occidentale pour le manga, une autre tendance se forme dès les années 90 : le dénigrement du manga. Cette tendance anti-manga repproche aux œuvres l’utilisation d’un personnage trop axé sur la violence et la sexualité comme Nicky Larson, Goldorak, ou encore le manga d’aujourd’hui dont l’évolution déplaît de plus belle aux parents comme Great Teachor Onizuka ou Beelzebub. Pourtant ce personnage tant repproché est aussi un reflet de la société, sa violence et sa dépravation ne choque pas le jeune lecteur car cela fait, de nos jours, partis de son quotidien. A l’aide de son personnage, le mangaka dépeint sa propre société, la critique ou se contente de la représenter. Plus encore, ce reproche semble assez paradoxal puisque les bandes dessinées occidentales possèdent elles aussi un personnage sans innocences, nous pouvons par exemple citer Lanfeust de Troy, ou encore Silence : ces œuvres sont elles aussi violentes et axées sur l’amour charnel, pourtant on ne peut mettre en doute la qualité narratives de ces bandes dessinées. 

Sources

 

Sites Internet :

 

http://www.fangirl.eu/2007/08/05/petit-historique-de-lanime-et-du-manga-en-france-de-1978-a-2003/

 

http://www.japoninfos.com/rakuten-kitazawa-le-grand-pere-du-manga-japonais.html

 

http://www.cnrtl.fr/portail/

 

http://www.ecrannoir.fr/dossiers/mangas/index.html

 

http://expositions.bnf.fr/japonaises/index.htm

 

Magazines :

La folie des manga vue du Japon dans Courrier international (N°1160) paru le 24 Janvier 2013 par Shinji Inada

Un monde de geek dans Sciences humaines (n°252) paru en octobre 2013 par Yann Leroux

Documents :

L'estampe japonaise : images d'un monde éphémère paru en Janvier 2009 aux éditions Bibliothèque nationale de France par Jocelyn Bouquillard

Le Manga paru en 2006 dans les éditions Essentiels Milan, par Stéphane Ferrand et Sébastien Langevin

Kyoto-Tokyo, des samouraïs aux mangas paru en 2010 dans les éditions Xavier Barral/Grimaldi Forum, par Brigitte Koyama Richard, Jean Marir Bouissou, Julien Bastide, Fabrizio Modina et Jean-Baptiste Clais (pour ne citer que la partie ayant servis à la rédaction du dossier)

 

Manga, Une plongée dans un choix d’histoires courtes, paru en 1999 à l’occasion de l’exposition à la Maison de la culture du Japon à Paris

 

La culture japonaise en Asie ; Engouement, identification et construction identitaire à partir de l’exemple de Taïwan paru en 2002 aux éditions Perspectives chinoises par Hélène Le Bail

 

Hokusai, Manga paru en 2007 aux éditions Bibliothèque Nationale de France / Seuil, par Jocelyn Bouquillard et Christophe Marquet

 

Le manga, Une synthèse de référence qui éclaire en image l’origine, l’histoire et l’influence de la bande dessinée japonaise paru en 2014 aux éditions Eyrolles par Chrysoline Canivet-Fovez



26/03/2016
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